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Patrick Korngold - Mardi 20 Janvier 2015, 21h58

Mon Gérard,

La première fois, je suis entré salle 20 au Conservatoire de Strasbourg, dans le "Labo Frémy" (Heinrich Neuhaus aimait aussi appeler sa salle de cours le "Labo Neuhaus"). J'étais intimidé, tu donnais un cours à Eveline Eibel sur le 2ème mouvement du 4ème concerto de Beethoven.

Quel éblouissement, quel émerveillement !

Et puis, je suis resté seul dans la salle avec toi. Tu m'as dit que tu trouvais une lumière en moi qui ne demandait qu'à être dévoilée, révélée.

Oh mon Gérard ! Je me souviens comme si c'était hier, tu m'as invité à diner en ville, et je ne peux énumérer tous les diners que nous avons fait ensemble, ainsi qu'avec Bernard.

Tu m'as fait découvrir John Cage, le retable d'Issenheim à Colmar, le livre "Ferdydurke" de Gombrovicz, les "Fictions" de Borges, "Le Maître et Marguerite" de Boulgakov, les peintures de Paul Klee et de Kandinsky, et que dire des merveilleux cours que tu m'as donné.

Tu le sais, Gérard, tu étais mon mentor, mon deuxième père.

Tu me demandais si je méditais, quels étaient mes efforts pour atteindre l'unité, tu m'as fait découvrir l'alimentation biologique et la macrobiotique. Je médite et m'efforce le plus possible de manger biologique, ce qui est la preuve que tu avais ressenti ce qui était important pour moi.

Et puis, un an après notre première rencontre, tu as été nommé professeur au CNSM de Paris. Quel génial pédagogue tu étais, Gérard ! Tu dévoilais le meilleur de nous-mêmes, tout en respectant notre liberté. Je sais que Marc-Olivier Dupin (un ancien directeur du CNSM) t'a félicité quand tu as enseigné "Après une lecture de Dante" à Cédric Tiberghien.

Et quel magnifique pianiste tu étais, Gérard ! Je t'ai entendu entre autre au festival Musica à Strasbourg, à la soirée "Piano Star".

Comme je compose, tu m'as encouragé à affiner mon oreille vers l'atonalité.

Gérard, nous sommes tous orphelins ...

Toi, tu étais profondément bouddhiste. Moi, en tant que disciple de Rudolf Steiner, je te rejoins dans ton bouddhisme à propos de la réincarnation. Quand tu as compris mon intérêt pour l'ésotérisme, tu m'as conseillé de m'intéresser à Scriabine, que j'ai découvert grâce à toi. Ce dernier était théosophe, ses deux filles anthroposophes. Quand je te l'ai dit, tu m'as répondu : "eh bien, tu es entre copains !"

Je te souhaite de trouver le repos et souhaite que ta prochaine incarnation rayonne de toute la lumière de ta musique.

Ton Patrick qui t'aime.



Nanette Volking Legendre - Lundi 27 Janvier 2014, 17h31

En même temps, je découvre ce site et j'apprends le décès de Gérard. Juste au moment où, (redécouvrant son existence par le biais de la radio), je voulais lui adresser un message pour lui rappeler des souvenirs d'enfance et de son premier professeur de piano, qui fut aussi le mien. Un petit clin d'oeil au passé... Désormais, quand je penserai à Mme Humblot, assise à mon piano, je penserai aussi à Gérard et au bonheur de l'entendre jouer les "Jardins sous la pluie" de Debussy, à peine âgé de 12 ans, il y a bien longtemps !Je me sens triste d'être trop tard. Mais c'est la vie. Farewell, Gérard !



Franck C. Yeznikian - Lundi 27 Janvier 2014, 09h50

Tristesse de lire ce matin sa disparition. Il a compté dans mon apprentissage du répertoire contemporain et à présent se révèle ici, enfin, des enregistrements de ses qualités d'interprète au répertoire romantique. Je suis touché par cet emportement et n'oublierai jamais ce que j'ai vécu dans l'écoute d'un concert Morton Feldman qu'il nous avait donné en 89 ou 90 à Marseille. Son enregistrement des Sonates & Interludes de son proche ami John Cage restera unique et d'une profonde beauté. Paix à son âme.



Lara Erbes - Lundi 27 Janvier 2014, 09h48

Hier après midi, jour des adieux à Gérard, nous avons beaucoup pensé à lui en lui dédiant ce concert de musique de chambre Schumann, pour lequel il m´avait recommandé les magnifiques Bilder aus dem Osten pour piano à 4 mains.J´ai été heureuse de pouvoir témoigner pubiquement de mon respect et de ma reconnaissance pour Gérard, dans le cadre d´un concert dont nous avions parlé ensemble lors de notre rencontre fin déc.
Plusieurs personnes du public m´ont confié leur émotion en pensant à lui, ou au souvenir encore vivace et enthousiaste de différents concerts.
Il était présent dans nos coeurs, et pas pour la dernière fois.



Daniel Karcher - Dimanche 26 Janvier 2014, 19h31

Je viens de lire l'article wikipédia sur Gérard Frémy il y une demi-heure et apprends ainsi le décès au 19 Janvier de mon ancien professeur de piano de Strasbourg. Je m'étais encore promené près de la Moder Dimanche le 19 et j'ai montré sa maison à Susann , mon épouse. Nous n'avions pas osé sonner à sa porte. Je n'oublierai jamais la très forte personnalité et l'artiste au son magnifique qui m'impressionnait à mes débuts de mes études musicales.Il m'a tellement donné en tant que pédagogue! La musique respirait et chaque morceau obtenait une dimension immatérielle et transcendante. Reposez en paix Gérard et pardonnez- moi les soucis que j'ai pu vous faire il y a presque trente ans!



Eveline Eibel - Jeudi 23 Janvier 2014, 14h54

Je viens d’apprendre la mort de Gérard … et que dire de plus que ce qui n’a déjà été dit ?
Bien sur, c’était un musicien d’exception, un homme d’une sensibilité et d’une originalité exceptionnelle, ses enregistrements en témoignent.
En ce qui me concerne, il a été mon professeur de piano, de musique, mais il m’a aussi fait découvrir la peinture, la littérature…
En temps qu’enseignant,grâce à sa finesse d'esprit, il trouvait toujours l’image ou le mot juste qui allait nous aider à mieux comprendre tel passage musical, il avait une imagination très fertile, savait transmettre ses passions, mais surtout, sa simple présence me donnait envie de faire le mieux possible, de me dépasser ; en cela il m’a aidé à grandir.
Plus encore, en me faisant découvrir l’essentiel au travers de la musique, il m’a aidé à devenir moi-même.
Il reste à mes cotés quotidiennement, quand je suis assise devant mon piano ou quand j’enseigne. Il restera vivant dans ma mémoire et dans celle de tous ceux qui l’ont côtoyé.
Merci à toi Bernard, d’avoir eu l’idée de faire ce très beau site.



Soun-Gui Kim - Jeudi 23 Janvier 2014, 12h21

Un bouquet de fleur pout toi Gérard. Je sais que mon Bouddha t'accueillira avec joie et bonheur. Notre Bouddha, même s'il n'a pas de mémoire, reconnaîtra notre amitiés communes de longues dates avec Cage qui était si heureux te voir interpreter le "Piano préparé" à l'occasion du Festival à la Vieilles Charité à Marseille en 1986. Merci pour ta musique que tu nous avais offert.



Henri Froment-Meurice - Jeudi 23 Janvier 2014, 11h08

J'ai fait la connaissance de Gérard Frémy à Moscou en 1956 alors qu'il était élève de Neuhaus au Conservatoire et que j'étais moi-même premier secrétaire à notre ambassade. C'est de ces années qu'à daté notre amitié. Gérard est souvent venu l'été nous rendre visite en Bretagne. Il y fut en particulier un merveilleux compgnon de jeux pour nos enfants. L'entendre au piano nous apportait une joie sans mélange. Que de souvenirs heureux!



Marc Froment-Meurice - Mercredi 22 Janvier 2014, 23h58

J'ai découvert ce site juste après avoir appris la mort de Gérard. Il n'y a pas de mot pour exprimer ma tristesse, aggravée par la séparation géographique (je vis au Tennessee). Il fut pour moi plus qu'un ami, plus qu'un père, et en même temps d'une modestie, d'une probité absolue. Sa rigueur était comme un supplément de caresses. Adieu, "Frémy-d'horreur"... ta mémoire vivra aussi longtemps que la musique d'un Cage ou Mozart sera jouée de manière aussi divine.



André Seban - Samedi 18 Janvier 2014, 13h44

Le père de Stéphane manifeste ici son estime et sa profonde reconnaissance à Gérard Fremy pour
avoir si bien conduit et amene à se réaliser mon fils dans ce merveilleux domaine de la Musique.
Sincères amitiés.



Stéphane Seban - Vendredi 17 Janvier 2014, 07h41

Gérard,
Les souvenirs de mes années d'études avec toi sont à jamais gravés dans ma mémoire.
Comment en serait-il autrement pour le jeune garçon de douze ans qui découvrit la musique avec un artiste aussi admirable que toi et fut ton élève pendant plus de dix ans.
Mes premières et certainement mes plus profondes émotions musicales je les ai eues avec toi et grâce à toi.
J'ai aujourd'hui beaucoup roulé ma bosse, écouté d'innombrables pianistes, rencontré et étudié avec d'autres et ils sont bien rares ceux qui m'ont transmis autant de richesses artistiques et humaines comme tu l'as fait, toi.
Toi qui comme personne savais faire ressentir et expliquer l'alchimie des sons toujours reliée à des émotions riches et profondes.

Encore aujourd'hui j'ai le souvenir de merveilleux concerts que je relate à mes élèves, comme ce récital à la maison de la radio où j'ai découvert les préludes de Debussy que tu jouais si admirablement et que je cite toujours en référence .
Tu m'avais fait l'honneur de me prendre pendant quelques années comme ton assistant, là aussi tu m'as beaucoup appris pour mes premières armes de pédagogue et plus qu'un maître c'est un ami que j'ai trouvé alors.
C'est peu de dire merci car, comme le dit si bien Lara, sans toi nous ne serions pas ce que nous sommes.
Avec toute mon amitié et mon affection.
Stéphane.

Ps: Quelle belle idée que ce site, Merci Bernard.



Lara Erbès - Samedi 14 Décembre 2013, 19h27

Comme je suis heureuse de découvrir ce site (merci Bernard!)...
Et voilà, une pianiste de plus qui pense et dira toujours: sans lui, je n´en serais pas là.
Merci Gérard pour les( quelques)engueulades qui m´ont rendue exigente, les compliments que je me répétais en boucle les jours de doûte, les cours géniaux dont on sortait toujours impatient de retravailler, les joyeux après-cours, votre enthousiasme partagé et transmis, que j´essaye de transmettre à mon tour en pensant si souvent à vous avec une immense reconnaissance.



Lisa Erbès - Jeudi 12 Décembre 2013, 15h50

Merci et bravo à Bernard pour ce travail d'une élégante sobriété ! Et quel bonheur de pouvoir écouter ces extraits !
Serait-il possible de réécouter pas ce biais le disque Mozart/Schubert ?
Merci Gérard....



Marin Gjollma - Mardi 10 Décembre 2013, 22h01

The sound is the most important thing to be able to articulate every note like a word of the musical language. I am delighted to hear from Professor Fremy ( wonderfully playing Beetoven and Schumann) the sound that gave to me life and made ​​me understand how to search for the truth in the music.Thank you so much Professor Fremy you are in my heart.The Art of Gerard Fremy speaks...



Bernard Geyer - Mercredi 04 Décembre 2013, 13h42

C'est un immense privilège que d'avoir pu étudier et travailler avec un artiste aussi exceptionnel que Gérard Frémy.
En tant qu'enseignant, il m'a non seulement appris comment interpréter de manière passionnante, vivante et personnelle les œuvres des géants du passé, mais il m'a également fait découvrir les pièces des compositeurs les plus importants et les plus novateurs de notre temps. C'est sans doute également un des rares professeurs à avoir permis à ses élèves de jouer en sa compagnie, y compris dans les festivals les plus prestigieux. J'ai grâce à lui pu rencontrer (à cette occasion ou d'autres) des compositeurs comme John Cage, Mauricio Kagel, Luc Ferrari, Michèle Bokanowski, Éliane Radigue, Pierre Mariétan et bien d'autres. C'est également lui qui m'a encouragé dans la voie de la composition et qui m'a permis d'étudier avec les compositeurs Guy Reibel et Mesias Maiguashca.
Gérard Frémy ne m'a pas seulement transmis la passion immodérée de la musique mais m'a également permis de découvrir les œuvres de nombreux autres créateurs, aussi bien dans les domaine de la littérature, de la poésie, du cinéma que de la peinture. C'est lui qui m'a d'ailleurs encouragé à voir de nombreuses expositions des peintres les plus importants de notre époque. Gérard Frémy m'a également permis d'étudier l'informatique musicale, notamment avec le compositeur Giuseppe Englert, ce qui a abouti à de nombreux projets, souvent en collaboration comme "Easyroad", mais aussi avec d'autres compositeurs comme Mesias Maiguashca.
Je ne peux que ressentir une immense reconnaissance envers Gérard Frémy, car il est clair que sans lui, je ne serais pas, et de loin, ce que je suis maintenant.



Cédric Tiberghien - Mercredi 04 Décembre 2013, 11h53

Ecoutez (dans la section "pianiste") cet immense pianiste qu'est Gérard Frémy mon maître. Son premier mouvement de la sonate op.109 de Beethoven est d'une justesse absolue... Et sa Fantaisie...... la Vie ou la Mort dans cette interprétation.... Quel honneur que d'avoir été son élève!!!



Ferenc Vizi - Mardi 03 Décembre 2013, 21h51

quelle merveille !!!! et quelle chance que ce site voit le jour !!!!!!
un son d'une beauté sculpturale , taillé , modelé , affiné dans du marbre , aucune concession à "injecter" de la sensibilité et se prélasser dans un narcissisme quelconque ; de la noblesse et de l'humilité et à l'intérieur une passion et une intensité folles .Ma petite personne doit beaucoup à un de ceux qu'il convient encore d'appeler avec infiniment de respect et admiration : Maître -



Christiane Geyer - Lundi 02 Décembre 2013, 13h05

J'admire la précision du toucher et la délicatesse d'interprétation. C'est vraiment du grand art !





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